Moi, c’est Alicia. Enfin, non, je m’appelle autre chose dans la vraie vie, mais j’ai choisi Alicia pour pseudo afin de me protéger un minimum sur le net. Je suis une femme mariée dans la quarantaine, du moins, c’est ce que disent les papiers. Parce que, voyez-vous, à l’intérieur nous sommes plusieurs à nous partager le corps d’Alicia et personne n’a la quarantaine. En tout cas pas à ma connaissance.

Je souffre d’un trouble dissociatif de l’identité suite à des maltraitances sévères dans mon enfance. A l’intérieur, il y a la Petite, M (pour éMotion), la Colère, le Monstre et d’autres encore ; certains qui n’ont pas de nom parce que ce sont juste des fragments, d’autres que je connais mal voire pas du tout parce qu’ils agissent en cachette et qu’il y a encore des murs dissociatifs qui nous protègent d’un effondrement.

Je suis consciente de cet état (même si je n’avais pas de mot pour le décrire) depuis le début de mon adolescence, principalement parce que je les entendais parler, les autres, dans ma tête. Il y avait un vacarme incessant, entre ceux qui me donnaient des conseils, ceux qui me donnaient des ordres, et les bébés fragments qui pleuraient sans cesse. Mais c’est seulement il y a deux ou trois ans que j’ai enfin eu le diagnostic “trouble dissociatif de l’identité”. Avant, j’avais été diagnostiquée tout sauf ça. Ça a été un immense soulagement d’obtenir ce diagnostic et d’obtenir des mots sur cet état.

Aujourd’hui, je vis avec mon mari et deux de nos trois enfants, un grand et une puce. Le troisième est décédé de la mort subite du nourrisson quand il avait dix semaines et n’existe plus que dans nos cœurs. Nous avons aussi adopté deux chats, Biscuit et Mistygris, et deux chinchillas, Coco et Mako. Vous en entendrez certainement parler sur ce blog.

J’ai été ce qu’on appelle “haut fonctionnel”, du moins dans une partie de ma vie, les études, mais à dépens d’autres parties de ma vie, comme par exemple mon hygiène. A un moment donné, on m’a même dit que je sentais le clochard… Ça a été très dur à encaisser, surtout que ça venait d’une personne que je respecte beaucoup.

Aujourd’hui, je suis reconnue handicapée et invalide. Je n’ai pas abandonné l’idée de finir ma thèse de doctorat, mais je ne travaille plus. J’ai eu beaucoup de mal à concilier le travail et le fait de prendre soin de moi, du coup, maintenant je ne fais que prendre soin de moi et des miens.

Mon quotidien est ponctué par des séances de thérapie avec ma psychologue Lucie (un autre pseudo évidemment, comme tous les noms sur ce site), l’hôpital de jour et des rendez-vous avec ma psychiatre. Sinon j’aime lire et jouer aux jeux vidéo – du moins certains jeux vidéos – écrire, m’occuper de nos animaux et faire de la mosaïque.

[Page mise à jour le 6 octobre 2020]

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