J’ai ressenti vague après vague de chagrin dans le bureau de Lucie, à un tel point que j’ai dû m’assoir par terre. On a finalement parlé des sujets que j’avais évités le lundi. Le sentiment qu’elle m’avait évité pendant toute mon hospitalisation, la rencontre en voiture quand je n’ai pas osé la regarder dans les yeux de peur d’y lire peur ou dégoût, l’image d’elle dans son manteau rouge, les images de quand je m’étais assise devant la porte de son bureau à l’heure de mon rendez-vous qu’elle avait donné à quelqu’un d’autre. C’était très douloureux. Pour la prochaine fois, je vais emmener une boîte à mouchoirs que nous allons décorer ensemble et dans lequel nous mettrons nos emballages de carambars. J’ai un peu modifié mon projet de cadeau pour elle aussi. Pas entièrement, mais un peu.

Margaux ne m’a pas répondu, ça m’inquiète. Elle devait avoir deux rdv hier, mais elle n’est pas venue, du moins pas au premier quand j’attendais mon rendez-vous à moi avec Léo devant la cafette. J’ai envie de l’appeler, mais je me retiens. Elle a peut-être juste besoin de se retrouver un peu.

Cette nuit, j’ai rêvé de ma directrice de thèse. Dans mon rêve, nous étions d’abord chez moi – elle devait apparemment dormir chez moi – mais elle n’y arrivait pas. Nous sommes allées chez elle, où il y avait deux enfants en plus de ma puce, deux garçons qui étaient censés être ses petits-fils. Il y avait des jouets partout. J’ai essayé d’avoir une conversation avec elle à propos de ma thèse, mais elle s’est vite agacée. C’était douloureux.

Je suis fatiguée et speed en même temps. J’aimerais finir mon cadeau pour Lucie, mais je peine même à le commencer. Pourtant il faut bien commencer quelque part avec quelque chose… J’ai tellement de projets en tête, mais je n’arrive à rien faire du tout.

Des flashs de mon hospitalisation me reviennent et ça fait mal. Le mot “lésée” en particulier. Le sentiment de ne pas exister. Le sentiment qu’on me prenait pour une enfant gâtée.

Beaucoup de chagrin
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