J’ai réussi à m’apaiser hier, mais j’étais trop fatiguée pour écrire après la séance. J’en garde des bribes. Déjà Lucie avait pris le temps de répondre à mon mail avant la séance, ce qui avait contribué à faire chuter l’angoisse un peu, mais en plus elle m’a bien expliqué les choses. C’est dommage que je n’en ai pas gardé plus de la séance. Je pleurais beaucoup parce que j’avais le sentiment de me faire punir, sauf que je ne savais pas ce que j’avais fait de mal, mais Lucie m’a expliquée que ce n’était pas une punition. Au contraire. Même si elle n’aimait pas le mot “récompense”. J’ai demandé à tenir la main à un moment donné et Lucie a accepté. Ça m’a fait du bien. Après, quand j’ai lâché sa main, j’ai réussi à m’apaiser un peu plus en respirant.

Elle m’a dit qu’elle ne me remplacera pas. Qu’elle ne peut pas me remplacer. Même si elle voit quelqu’un d’autre à l’heure qu’on se voit d’habitude. Elle ne fera pas comme ma mère qui m’a remplacée quand je suis partie de la maison pour aller en foyer. Ni comme mon agresseur qui a donné mon prénom a sa fille biologique. Elle ne me remplacera pas. J’ai ma place et j’existe aussi en-dehors de nos séances. Pour elle et par moi-même. J’existe. Et ce n’est que la fréquence de nos entretiens qui sera modifiée, rien d’autre. Je peux toujours lui écrire par mail, emmener des textes ou des dessins, ou faire un goûter avec elle lors des moments spéciaux comme mon anniversaire. C’est juste la fréquence qui va changer.

J’ai ma place. Même que je suis tout le temps dans son bureau parce qu’elle y a suspendu ma mosaïque. J’existe. Et elle ne me remplace pas.

Elle ne me remplace pas
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