Pour une fois que je m’étais bien endormie dans le lit, je me suis réveillée à cause d’une crampe. J’étais en train de rêver, je ne sais plus de quoi, j’ai changé de position dans le lit, et la crampe est venue de nulle part. Impossible de me rendormir après et je me suis levée. Au bout d’un moment, j’ai pu me recoucher sur le canapé dans mon bureau. Je me suis blottie sous la couverture apaisante et j’ai réussi à me rendormir. Pour une heure ou deux. Me voilà de nouveau debout en pleine nuit.

C’est vraiment pénible, ces nuits hachées. Puis c’est un cercle vicieux. Je devrais sortir marcher dans la journée, pour me fatiguer physiquement, mais je suis trop fatiguée pour aller me promener. Et je devrais prendre mes gouttes pour dormir la nuit, mais ça me rend complètement stone et fait que je ne me réveille plus pour conduire les enfants. Du coup, le sommeil est scindé en plein de petits morceaux qui ne me font pas récupérer assez pour affronter la journée. Bref.

Je me sens assez apaisée en tout cas. Pas angoissée. On est lundi matin, il est 03h30, et tout à l’heure, je vais voir Lucie. Je n’ai pas trop pensé à elle ni à nos entretiens ce week-end. Ça m’a titillée quelques rares fois, mais c’est tout. Je ne sais même pas de quoi j’ai envie de parler tout à l’heure. Peut-être repasser en revue la dernière séance, quand la Petite s’était manifestée. J’ai l’impression qu’il y avait une autre partie aussi, une de 12 ans, l’une de celles qui avaient vécu la scène quand on s’est fait pousser par terre et que nous avons reçu plein de coups de pied. C’était un souvenir dissocié qui a commencé à être intégré en souvenir autobiographique. J’ai vécu ça. Et pour survivre, je suis sortie de mon corps et j’ai regardé la scène d’en-haut. Impossible d’avoir accès aux sensations physiques, à la douleur, ou de relier la scène à mes émotions du moment, mais c’est peut-être mieux. Pas besoin de revivre ça comme une reviviscence pour savoir que ça s’est passé. Que ça m’est arrivée à moi.

Ma mère m’a poussée par terre et m’a donné plein de coups de pied sur les genoux et les tibias pendant que je me protégeais la tête de mes bras.

Ça me rend triste. Peut-être un peu en colère aussi. Je perçois très légèrement ma peur d’alors. Une peur panique. Mais elle est lointaine. Presque inaccessible.

Encore une nuit debout
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