L’entretien avec Lucie ce matin était vraiment très constructif et j’ai appris plein de choses aussi bien en général que sur moi-même. Nous avons parlé de mes parties dissociatives, du transfert et contre-transfert, de livres, et même des relations symbiotiques.

Lucie m’a appris une autre acception de la relation symbiotique. Elle m’a expliqué qu’on appelait ainsi la relation entre la mère (ou le parent le plus proche) et son nouveau-né. On l’appelle ainsi parce que la mère apporte ses réponses aux besoins du nouveau-né immédiatement. Le nouveau-né n’existe qu’à travers cette relation symbiotique, il en a besoin pour survivre. Il a besoin du regard de l’autre pour exister, il a besoin de l’autre pour tous ses besoins, et la mère (ou le parent le plus proche) répond sans faire attendre, ce qui n’est pas le cas plus le bébé grandit.

Aujourd’hui, je ne veux plus de relation symbiotique. J’existe par moi-même et pour moi-même. Je n’ai pas besoin de l’autre pour survivre et encore moins pour vivre. Et je ne veux pas que l’autre vive à travers moi non plus. Je suis une personne à part entière.

En ce qui concerne mes autres personnalités, j’ai pu expliquer que je ne les entends plus et que ça me chagrine, mais Lucie m’a permis de voir qu’elles continuent à s’exprimer à travers moi et que je les perçois autrement, par d’autres sens. J’aurais voulu les entendre encore, entendre leurs voix, leurs avis, leurs goûts, leurs besoins… mais ils s’expriment désormais de manière moins intrusive par d’autres biais. C’est un peu vicieux, je trouve, même si Lucie trouve que c’est une bonne chose. Qu’elles soient un peu plus intégrées et que nous formons une personnalité un peu plus unie, même si je suis encore marquée par le fait que nous avons été très séparées dans le passé. Cela étant, elle comprend que j’ai peur et que leurs voix me manquent.

J’ai pu parler de plusieurs relations différentes, du transfert (et parfois contre-transfert) dans ces liens, comment pour certains d’entre eux j’aurais voulu que ce soit autrement. C’était très riche. C’est moins flou pour moi maintenant. Et je me sens encore plus sécurisée dans cette relation, dans ce lien, où je peux expérimenter plein de choses sans me faire abandonner ou rejeter.

J’aurais voulu enregistrer cet entretien pour le garder avec moi et le réécouter à loisir, pour ne pas en perdre une miette, mais je dois me contenter de le réécouter mentalement et d’enregistrer par écrit ce que j’en retiens pour me relire quand j’en ai besoin.

J’existe (la suite)
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