La Petite s’est manifestée pendant la séance avec Lucie. D’abord, on ressentait la joie et la sécurité d’être par terre, puis le chagrin et les flashbacks sont venus pendant la séance. On parlait de la difficulté à mettre des limites, puis de là de ma mère. Comment elle transgresse encore aujourd’hui nos limites et comment elle ne voit pas que ce qu’elle projette à l’extérieur fait partie de ses propres comportements.

Par exemple, l’autre jour au téléphone, elle m’avait parlé de la mutilation des chevaux, mais sans (pouvoir) faire le lien avec sa propre maltraitance des animaux, en particulier des chiens, mais aussi des chats et des chevaux. J’ai eu des images et du bruit dans la tête à ce moment-là pendant la séance avec Lucie. Je voyais ma mère donner des coups de sabot (en bois) sur la tête de l’un de nos chiens et j’entendais le fracas lors des impacts.

Lucie nous a dit que notre mère devait être très malade et qu’elle ne peut pas voir ses propres comportements qu’elle projette à l’extérieur d’elle. Qu’elle risque l’effondrement si elle se regarde dans un miroir.

Plus loin dans la séance, j’ai eu des flashbacks de quand ma mère me donnait des coups de pied, toujours en sabot noir, sur mes genoux et tibias.

Elle m’avait poussé par terre et on était accroupi par terre pendant qu’elle nous donnait des coups de pied. On se protégeait la tête de nos bras, on ne pouvait pas tout protéger en même temps. Je ne ressentais rien physiquement lors de ces agressions, mais je voyais tout d’en-haut. Lucie nous a dit que quelqu’un à l’intérieur devait certainement avoir ressenti la douleur et on était d’accord, mais on ne sait pas qui.

Ça nous a fait du bien de mettre des mots sur ça. De faire sortir ces images qui nous faisaient du mal. Au fur et à mesure que la séance avançait, les flashbacks sont devenus plus flous. Ou moins vifs. Plus comme des souvenirs.

On pleurait parce qu’on avait besoin et envie d’une maman et que personne ne peut combler ce vide abyssal à l’intérieur. On a eu des mouchoirs. On les utilisait un peu pour sécher nos larmes mais surtout pour nous caresser le bras. Puis Lucie nous a demandé si on voulait qu’elle vienne en face de nous par terre et on a dit oui. On a osé demander à lui serrer la main et elle a accepté. Ça nous a fait beaucoup de bien. On a pu s’apaiser en respirant et en tenant sa main. Vers la fin, on a pu lâcher la main et parler de choses moins difficiles. Le tapis, c’était très bien. La Petite a beaucoup apprécié. Moi un peu moins parce que ce n’est pas très confortable par terre.

Maintenant, on boit un coca qu’on avait acheté à la cafette de l’hôpital avant la séance. Même qu’on avait acheté une crêpe aussi, mais qu’on avait mangé avant. Une crêpe au nutella. (La Petite).

Je me sens un peu plus dans mon corps. Heureusement, parce que c’est l’heure d’aller chercher les enfants.

Manifestation de la Petite
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